BIJOU_CONTEMPORAIN

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10/09/2010

Rencontre mensuelle : le “DIT du Bijou” – dimanche 26 Sept. à partir de 18H – Paris (11ème)

Classé dans : DIT du Bijou,EVENEMENT / Type of EVENT,France (FR),PARIS,Reflexion — bijoucontemporain @ 19:49

 

 *Vous pouvez lire le compte-rendu du « dit du bijou N° 3 » à la page suivante:

http://www.emmanuel-lacoste.com/manufacture/viewtopic.php?pid=672#p672

 

Triple happiness : live jewellery, chatroom with canapés, Paris, France, ze world

http://www.noisettesociale.com/wp-content/uploads/2009/12/bla-bla-bla.jpg

Après la pause estivale, les « dit du bijou » reprennent!
Lors du dit du Bijou N°2, nous avons donc débattu de savoir comment améliorer la visibilité du bijou contemporain. Le constat de Bruno Sanchez qui nous a écouté patiemment est que nous devons
* Améliorer la pédagogie pour élargir notre public
* Revisiter les circuits de distribution
* Etre plus contemporains dans nos modes de diffusion.

Pour approfondir, nous vous convions donc au Dit du bijou – nº3

Pour ceux qui n’y auraient encore jamais participé, il s’agit de se donner rendez-vous une fois par mois pour se voir, échanger des informations et discuter d’un sujet particulier.

Tous ceux qui s’intéressent de près au bijou sont les bienvenus, praticiens et pratiquants, ainsi que ceux qui s’y intéressent de plus loin: historiens, commissaires, journalistes, chercheurs etc… 

Rencontre mensuelle : le “DIT du Bijou” - dimanche 26 Sept. à partir de 18H - Paris (11ème) dans DIT du Bijou dialogue_on_art

Prochain rendez-vous:  le dimanche 26 sept. à partir de 18H  (le débat commencera à 19H30)Autour d’un verre de vin accompagné d’une tartine de terrine

La Table D’Aligre
11 place d’Aligre
Paris 75012
tel : 01 43 07 84 88

A part les infos à échanger (compet, foire, expos… ), la discussion proposée pour cette 3eme édition est la suivante :

Benchmarking: communication évenementielle

 

Le principe est que chacun arrive avec une idée, un exemple d’évènement, de présentation, qui pourrait renouveler les modes de présentation que nous utilisons habituellement.

 

Pour assister à ce rendez-vous, il vous suffit d’appeler le restaurant le dimanche matin au plus tard pour signaler votre présence.

PAF 5 euros (supplément vin 5 euros)
Brune BOYER (06 81 01 91 62) & Benjamin Lignel (06 17 88 73 83)

http://www.internet-marketing-strategies-and-secrets.com/wp-content/uploads/2008/11/blah-blah-blah.gif

 

After the holidays’ pause, the confidential, underground parisian and artisan get-together “Dit du Bijou” will kick off again, on a monthly basis : its aim is to exchange updates on the state of jewellery world affairs, and discuss a given theme.
You are extremely welcome if you are directly concerned with jewellery – and just as extremely welcome if you are less directly concerned with it (historians, curators, journalists, and their dentist, baker and astronaut friends will be given an extra helping of red wine to feel comfortable).

The next meeting is     Sunday sept. 26th

from 18h00 onwards (the themed discussion will start at 19h30)
A glass of wine and a portion of terrine will be exchanged against your completely voluntary contribution of 5 euros (5euros more for wine)

the place:

La Table D’Aligre
11 place d’Aligre
Paris 75012
tel : 01 43 07 84 88

Nearest tube: Faidherbe Chaligny.
Nearest Airport: Paris Orly
Nearest contemporary jewellery gallery : Hélène Porée, rue de l’Odéon

Aside from the info bulletin (please come with an update on what you are up to : we want to know), the discussion that was chosen for this third encounter is the following:

Benchmarking : how to communicate

If you want to come, please call the restaurant on the Sunday morning at the latest to confirm your presence. They need to kill the scapegoats and stew the rabbits for the terrine, you see.

Brune Boyer (06 81 01 91 62)/ Benjamin Lignel  (06 17 88 73 83)

29/07/2010

COUP de …. COULEUR avec Jillian Moore !!!

Classé dans : COUP DE COEUR,ETSY.com,Jillian MOORE (US),plastiques,Reflexion,SHOP,USA — bijoucontemporain @ 1:51

son BLOG

SHOP on ETSY

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Big Red Chunker Brooch – composite and epoxy resin, paint, nickel silver

COUP de .... COULEUR avec Jillian Moore  !!! dans COUP DE COEUR n538986849_1570145_913
‘Quicky ‘

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bulbate succulum

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Cordyceps (brooch) 2009

[Moore2.jpg]
‘Ramus(brooch) 2008, composite and epoxy resin, paint, ink, nickel silver

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‘clot’ brooch

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‘man of war’ pendant

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‘Pomum Fuchsin 

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« Epiphytic Capsularis, » (brooch) 2009

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‘Nugget’ – « …..I think the color just looks so vivid because of the way neon colors/resin react inside the cloud dome. it doesn’t literally glow in person, but it is traffic cone orange »

n538986849_2085636_7853752 dans USA

[Moore5.jpg]

« While attending this year’s SNAG Conference in Houston, a chronic nagging question was amplified. What, exactly, is it that I do ? In passing conversations I never seem to be able to explain it to any acceptable degree without endless digressive hurdles. In the simplest terms I set out with the word “jewelry” though even this is a personal conversational concession. The litany of descriptors we can now alter jewelry with can leave a person breathless – art jewelry, contemporary jewelry, sculptural jewelry to name a few. Casual conversations always include “no, I don’t make that kind of jewelry. And when I start using phrases like “abstract life forms” and “composite resin” people’s faces screw into frustration. When I’m feeling less motivated I just say “I make jewelry out of plastics . . . various plastics”. But it feels condescending both to whomever I’m speaking with, and what it is I like about my work. I’ve spent nine years and borrowed tens of thousands of dollars for two degrees – a BFA with the words “Metalsmithing and Jewelry Making” at the end and an MFA with the alternate “Jewelry and Metal Arts” attached. But I find none of this mixing and matching of terminology to be of any help when trying to actually articulate what it is I do with all of my time. »

26/07/2010

Virginie BOIS – l’OR vous va si bien …………

Classé dans : France (FR),Reflexion,VIDEO,Virginie BOIS (FR) — bijoucontemporain @ 16:22

Exposition ‘Tout Doré’, aux Ateliers de Paris, rue du Faubourg Saint-Antoine à Paris (25 sept-15nov 2008)

Entre mode, bijoux et design, des créateurs démontrent avec brio leur capacité à intégrer l’or sous toutes ses facettes
……….. là se tient une femme au décolleté paré de bijoux improbables : de fines feuilles d’or appliquées au pinceau ornent son cou. Une idée originale de Virginie Bois.

Virginie BOIS - l'OR vous va si bien ............ dans France (FR) 510

« « Créer un bijou c’est avoir envie de définir l’autre à travers soi même. C’est se mettre en quête, tel un aventurier. En quête de rêves, d’espoirs, d’envies, de besoins. C’est explorer l’Homme dans sa subtilité et dans sa matérialité. C’est aussi céder à la fascination de la parure du corps. Fabriquer un bijou c’est être dans l’acte de faire avec la matière. C’est tenter de faire dialoguer une matière avec une intention. C’est se mettre au service de ce qui est là. »Virginie Bois travaille inlassablement sur les petits moments de vie. Avec délicatesse, elle collecte, accumule, puis anoblit les matières qui lui sont proches pour créer des sculptures intimes et affectives. Elle nous offre sa vision du monde, en conscience des matériaux qu’elle utilise et du sens de leur mise en œuvre, elle rend compte de ce qui est universel : la fragilité, la tendresse, la préciosité, le doute. A partir d’une feuille d’or, elle raconte les mouvements du corps et souligne la fragilité de la matière » (Virginie BOIS, bijoux)

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Virginie Bois

Exposition « Bijoux-Sculptures, L’Art vous va si bien » la Piscine de Roubaix, 2008 :

« À partir de deux artistes présentes dans cette exposition, Virginie Bois et Marie-Ange Guilleminot, …. montre comment on peut approcher d’une autre manière le sujet du bijou.
Afin de présenter un panorama qui soit le plus complet possible en ouvrant de nouvelles perspectives aux visiteurs de l’exposition, nous avons donc souhaité aller “hors frontières” et montrer comment d’autres artistes actuels ont pris à bras-le-corps le sujet en «dématérialisant» le concept de bijou.
Un bijou peut se porter ostensiblement, mais on peut aussi vouloir le cacher. Sa préciosité devient alors un “trésor” que seuls connaissent celui ou celle qui le porte, celui ou celle qui l’a inventé. On rejoint là une idée chère aux dandys des temps anciens qui portaient des baleines en or dans leur col de chemise. Des artistes contemporains ont développé cette conception et créé leurs propres histoires. Un bijou, c’est essentiellement la présence de l’autre sur soi, transmis d’un patrimoine familial ou cadeau d’un être aimant. L’artiste peut décider de nommer bijou un objet et lui donner ce statut. Ainsi, comme le souligne Marie-Ange Guilleminot, on pourrait imaginer de donner ce statut au parfum d’un savon, qui devient ainsi parure-présence éphémère entre deux êtres complices. Virginie Bois l’a conçu avec de la fumée ou de la glace. Nous présentons dans cette exposition une oeuvre qu’elle a réalisée il y a cinq ans pour un mariage. On lui avait commandé un bijou. Elle a alors proposé une feuille d’or qu’on applique sur la peau. Ce bijou ne vit que s’il est porté. Il change jusqu’à disparaître complètement. Seul le temps le vole inéluctablement. C’est une préciosité qu’on ne peut garder, un bijou qu’on oublie aussitôt après avoir choisi où l’appliquer. La feuille agit, impliquant naturellement une attitude de dignité devant ce qui est un symbole, une idée, une histoire. Seul le regard de l’autre révèle sa présence. L’art vous va si bien…
Cette exposition invite des artistes, peintres, sculpteurs, vidéastes… et non des créateurs de bijoux. Virginie Bois est officiellement plasticienne. Elle invente surtout des objets petits créés autour du corps, c’est ce qu’elle appelle être “bijoutière”. Elle tient à se situer à la frontière des définitions. Elle travaille sur ces petits moments de vie. Elle nous offre sa vision du monde en rendant compte de la fragilité, du précieux et du rêve entre les êtres.
Autres histoires de bijoux… Même si elle n’exclut pas le bijou classique, Marie-Ange Guilleminot s’intéresse avant tout au lien entre son travail et l’objet. C’est ce dernier qui décide de lui-même, c’est de lui que naissent les langages des formes à partir desquelles elle peut éventuellement donner le statut de bijou. Pour elle, il est sur ou sous, apparent ou caché. Ainsi le centre de la construction d’un paravent fermé, invisible forme ronde au dessin de labyrinthe, gagnera un double statut en devenant aussi bijou sous une forme plus réduite enfin exposée. La cheville en argent d’un portant de kimono réalisé en verre, ainsi révélée par la transparence, pourra aussi devenir bijou. Chaque élément des objets dont elle se sert pour ses performances est pensé dans une forme jolie d’où il peut renaître de cette manière si elle le décide. C’est une inspiration à retours. Cette question du détail et cette idée de l’échelle par rapport au corps fait partie intégrante d’une oeuvre où tout communique et se répond. Elle aime l’idée de créer un bijou avec la liberté de penser qu’il est porté ailleurs ou autrement. Ainsi un texte devient bijou qui est lui-même l’histoire de l’objet. Borges n’est pas loin. Les qualités du fil d’araignée, dit-elle, sont étudiées par les militaires américains qui ont testé son incroyable résistance.
Marie-Ange Guilleminot imagine donc un hamac pour ces soldats, qui devient, en modèle réduit, une légère broche simplement posée sur sa robe. Sa robe à émotions fut une réponse au collier de perles que lui offrit sa grand-mère. Trop classique et connoté, elle le défila pour en garder la plus grosse perle qu’elle attacha à un fil de sa robe. Lors d’une intervention dans un jardin la perle tomba et se perdit, laissant libre cours à une future histoire d’un prochain bijou.
L’art vous va si bien… » (Marc Pottier)

 

http://www.dailymotion.com/video/xcd2ia

CIEL mon BIJOU !!!!!!!!!!!!!

Classé dans : COUP DE COEUR,Danemark (DK),Kim BUCK (DK),Reflexion — bijoucontemporain @ 16:05

réflexion à l’état pur  -en tous les cas, en or pur!-  sur le bijou et sa valeur !

 

Throughout the ages, jewellery has been viewed as an investment object, not appreciated because of its design and craftsmanship but merely because of the raw materials. Kim Buck seeks to illustrate this through his finger rings in fine (24-carat) gold. Through use, the shape of the rings will be deformed beyond recognition due to the softness of pure gold. The shape will be lost over time, and the owner is left with the raw material – pure gold. The rings are cast in a unique and secret process developed by Kim Buck.

http://mocoloco.com/upload/2009/05/mindcraft_shhhc_1/mindcraft_buck.gif
Kim Buck (DK) – GoldJewelleryGoldJewelleryGoldJewelleryGold…

12/07/2010

Why Do You Wear Jewelry?

Classé dans : blog ArtJewelryForum,COUP DE COEUR,Reflexion — bijoucontemporain @ 0:07

 AJF style icon shows how you can never wear too much jewelry !

Why Do You Wear Jewelry?  dans blog ArtJewelryForum mr-t-gold-chains-sparkling

At Art Jewelry Forum, a big question ….. and this GREAT picture ;-)

23/06/2010

Se jouer des corps pour se parer de liberté : Du bijou contemporain comme espace de normativité – Alexandre Klein

Résumé -

« Derrière l’apparent oxymore, la notion hybride de résistance_adhérence annonce sa fécondité. Performativité d’une notion qui, faisant écho au concept philosophique de normativité, précise les modalités du jeu que le je entretient avec les normes dans l’acte de création. Effectivité d’un couple improbable au travers duquel se déploie la liberté du sujet moderne dans son entrelacement avec le monde. L’union duel de la notion invite à la nuance et à la finesse, évitant l’écueil d’un choix d’engagement se réduisant à un extrême ou l’autre. Comme nous le montrent les créatrices de bijou contemporain telles Virginie Bois et sa série sur les draps, Françoise Jacquey et Valérie Larrondo d’Oncle John et leur série de bijoux blessants, ou encore Sophie Hanagarth et ses bourses, mais aussi le créateur Stéphane Landureau et son collier Dialyse, la résistance aux normes, de la joaillerie ou du corps, s’effectue dans un jeu nuancé où les positions radicales se troublent, au profit d’une liberté visqueuse qui colle aux corps des libertaires autant qu’aux doigts des conservateurs. Ainsi s’ouvre des «caisses de résonances» essentielles, ainsi que l’explicite Isabelle Stengers, à la survie du sujet humain contemporain, témoignant du potentiel de l’art à être l’une des rares pratiques sociales à permettre encore de lutter contre la normalisation galopante. Ce sont ces pistes de friction des corps et des représentations que nous explorerons afin de préciser la richesse de cette notion en chantier de résistance_adhérence, qui de la création à l’éthique dessine le chemin d’une liberté toujours à cultiver.« 

 

 

« Nous ne manquons pas de communication, au contraire nous en avons trop, nous manquons de création. Nous manquons de résistance au présent .  » (Gilles Deleuze et Félix Guattari) 1

Notions issues de la physique des matériaux et de la mécanique appliquée 2, la résistance comme l’adhérence ont acquis avec le temps une connotation politique marquée, en France au moins, d’un brin de Seconde Guerre mondiale. Couple de possibles semblant résumer la position du sujet face au monde, ces deux notions ne sont que les miroirs de l’absence de nuances dans la création d’une identité et d’une position subjective qu’elle soit politique ou existentielle. Elles caricaturent en fait l’engagement politique, mais plus largement l’interaction du sujet humain au monde. Si la résistance était à l’origine une non-action, une force qui s’oppose au mouvement, un refus d’agir, elle est aujourd’hui pensée – et la résistance française face à l’invasion nazie n’y est pas étrangère – comme réaction, comme action de refus, bref comme un combat… une action. Ainsi, la résistance apparaît toujours-déjà comme un paradoxe, puisque toute résistance à quelque chose implique un rapport à ce quelque chose, une connaissance, une admiration, un rejet, peu importe, mais un rapport. La résistance implique a priori ou a posteriori une certaine adhérence avec ce contre quoi on souhaite résister.   C’est en ce sens que la notion de résistance_adhérence se présente comme un outil heuristique pour le philosophe. C’est en ce sens que travaillent les bijoutier(e)s contemporains qui tentent de renouveler, sans s’en extraire, les codes et usages de la bijouterie classique. Á la croisée de ces deux approches, nous souhaitons donc mettre en lumière la fertilité de cette notion qui reste à penser.

De la normalisation comme modèle

Les travaux menés par les philosophes de tradition française 3 nous avaient en effet conduits à une certaine impasse. D’une part, Georges Canguilhem (1904-1995) avait mis en lumière, dès 1943 4, la qualité fondamentale de la vie qu’est la normativité, la création de nouvelles normes, seul outil apte à déjouer la mort qui dès notre naissance croît en nous, reprenant ainsi l’intuition du médecin français Xavier Bichat (1771-1802) qui en 1800 définissait la vie comme « l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort » 5. Á la suite de cette philosophie biologique, Michel Foucault (1926-1984), élève de Canguilhem, avait lui mis l’accent sur l’indéfinie normalisation qui touche notre société. Á la fois extension et exhibition de la norme, la normalisation est un processus à l’œuvre dans les sociétés occidentales contemporaines visant à la régulation et à la gestion des populations par l’adoption de comportements, d’habitus, de gestes, de postures et de représentation communes. Foucault avait ainsi produit la genèse de la biopolitique 6, forme de gouvernementalité des corps et des vivants qui qualifie nos sociétés contemporaines, montrant comment le capitalisme bourgeois et le libéralisme politique 7 favorisaient à leur profit l’adoption par les individus d’une norme unique d’existence et ce afin de mieux contrôler, gérer et réguler la population d’une société donnée. Entre l’appel à l’adhérence aux normes sociales définies au profit de l’accroissement du capital et la nécessité de création de normes propres par les individus et les groupes, le sujet humain apparaît alors déchiré, trop souvent fatigué de tenter d’être lui-même 8. Comment continuer à créer ses propres normes, à faire acte de liberté, dans une société où ce qui ne participe pas à la norme commune est exclu ? Telle est l’impasse dans laquelle nous sommes, nous, sujets occidentaux : comment continuer à transgresser les normes en place pour imposer ses normes propres et rester un sujet libre alors que toute nouvelle norme est trop rapidement récupérée par la normalisation ? Comment valoriser des valeurs propres, divergentes des valeurs   « prêtes-à-consommer » qui sont massivement diffusées, sachant qu’à terme, les cultures de résistance (telles le mouvement hippie ou la culture urbaine) sont vidées de leur contenu transgressif pour mieux être vendues au plus grand nombre ? Quels espaces reste-t-il dans ce mouvement galopant de normalisation ? Ainsi, entre la perte de valeurs et de repères qui caractérisent notre monde désenchanté 9 et la diffusion massive de valeurs « en kit », l’affirmation de sa liberté, la production de sa vie, de ses normes et de son identité propre reste un exercice de funambule tenant sur le fil d’un underscore , celui de la notion de résistance_adhérence. Un exercice vital au risque de voir la démocratie se transformer d’elle-même en totalitarisme 10, au risque de voir la science fiction d’un Ray Bradbury 11 ou d’un Georges Orwell 12 devenir réalité (si ce n’est pas déjà fait).

Mais rassurons-nous, tout n’est pas perdu. Il est possible de faire vivre un peu de liberté, d’une part, parce que la biopolitique n’est pas l’imposition d’un pouvoir issu du haut, mais bien le maintien par tous d’un pouvoir, de pouvoirs diffus et transversaux, pouvoirs sur lequel il est donc possible d’agir puisque nous en sommes les détenteurs autant que les gardiens. Comme le résume Paul Veyne reprenant la pensée de Foucault : « Nous ne pouvons échapper nulle part aux relations de pouvoir ; en revanche, nous pouvons toujours et partout les modifier ; car le pouvoir est une relation bilatérale ; il fait couple avec l’obéissance, que nous sommes libres (oui, libres) d’accorder avec plus ou moins de résistance. 13 ». D’autre part, parce que, comme l’exprime Guillaume Leblanc, la normalisation n’est pas encore totalement effective, elle le sera seulement lorsque nous assisterons à un « recouvrement tel de la normativité par la normalisation que la normativité sociale ne peut plus s’exercer dans la normalisation 14 ». Autrement dit, tant qu’il restera des espaces de créations, des mises en question et en jeu des normes en place, un espoir subsistera.

Mais comment s’exerce la résistance_adhérence ? Comment se réalise-t-elle en pratique ? C’est ce que nous pouvons découvrir avec des créateurs et créatrices se jouant de toutes parts des normes : les bijoutier(e)s contemporain(e)s qui font vivre la liberté et la normativité sur le fil de leur collier, sur les attaches de leurs bracelets ou les courbes de leurs broches.

Le bijou contemporain comme acte de résistance_adhérance

Le choix du bijou contemporain pour illustrer les processus de résistance_adhérence n’est pas anodin. Tout d’abord, car le travail sur la matérialité, sur les matériaux, fait écho à l’origine même des notions de résistance et d’adhérence, mais surtout parce que le courant dit du « bijou contemporain » est lui-même un acte de résistance_adhérence.

Comme le rappelle Christian Alandete 15, ce mouvement est né, en France du moins, en réaction aux valeurs de la joaillerie qui estime l’importance d’un bijou à son poids de carats, et a ainsi engagé une réflexion sur la définition même de l’objet bijou. Non totalement en résistance, puisque le premier collectif de créateurs contemporains, l’EPOC 16, fondé en 1979, rassemble des bijoutiers, créateurs, joailliers de formation classique, souhaitant se détacher des techniques et représentations classiques avec lesquelles ils ont été formées. En voulant sortir la joaillerie de ses fonctions et usages normés, ils ont engagé une véritable révolution dans le monde du bijou allant jusqu’à questionner le lien même de l’objet au corps 17. Car c’est finalement toute une esthétique, et avec elle une politique 18, qui était mise en question par la critique des formes et matériaux classiques de la bijouterie de style « Place Vendôme ». Il n’y a pas que de l’or et des diamants pour faire des bijoux, qui eux-mêmes ne servent pas qu’à parer, qu’à embellir, mais qui peuvent déployer, par le biais de formes, de concepts et de matières autres, une symbolique et des valeurs neuves.

Ainsi, c’est tout le monde de l’objet corporel qui est mis en question par ces créateurs, attaquant ainsi de front la normalisation des corps résultant du gouvernement biopolitique 19. Et si les créateurs et créatrices se multiplient, leur reconnaissance est encore marginale. Ainsi en témoigne le titre du principal volume consacré au bijou contemporain en France un vrai bijou !   affirmant la volonté de ces artistes-artisans de résister, de produire de nouvelles normes, mais tout en s’intégrant au monde du bijou, tout en affirmant leur adhérence au champ qu’ils souhaitent changer. Bijoutiers à part, certes, mais à part entière. C’est ainsi que se définissent les créatrices et créateurs.

Virginie Bois, plasticienne, diplômée de l’École supérieure des Arts Décoratifs de Genève et de l’École Boulle, enseignant à l’AFEDAP 20, a ainsi décidé d’interroger réellement la matière sur laquelle elle travaille. Reprenant des draps de mariage, des draps d’union, des draps de solitude ou des draps de honte, elle a ainsi produit une série à partir de draps de famille, coupés, déchirés, brûlés afin de former par exemple le collier Être.

Etre
Virginie Bois, collier Être, 2004, drap de famille (2 places) déchiré et brulé

Elle interroge ainsi la symbolique du bijou et ce dès le choix des matériaux, questionnant les liens qui, de la famille à soi, en passant par le lit, nous font Être. C’est toute la structure sociale qui est mise en question par ce travail sur la famille, mais également le rapport que nous entretenons avec notre corps, la manière dont nous constitutions notre identité à son contact. Un contact qui se veut résistant_adhérant, puisque les objets qu’elle produit tente de matérialiser l’intime «  pour et contre le corps » 21.

Ainsi sont remis en cause les liens du bijou au corps : le corps fait-il le bijou ou le bijou fait-il le corps ? C’est toute la question que posent Françoise Jacquey et Valérie Larrondo d’Oncle John et leur série « Sublimes cicatrices ».   Les plus beaux bijoux sont ici pensés comme ceux qui marquent le corps : bracelet griffant les poignets ou bague mutilant les doigts 22 sont ces objets qui interrogent le statut du bijou comme du corps qui le porte. L’empreinte sur le corps laissée par le bijou est, selon elles, ce qui fait l’esthétique. Ce qui rend le corps sublime est moins le bijou que l’usage « anormal », selon d’autres normes, que l’on en fait. Ainsi, le marquage corporel, que certains pourraient qualifiés de pratiques déviantes 23, est ici le moyen de création d’une esthétique renouvelée. La résistance_adhérence du bijou et du corps est ici performée par le port d’un bijou qui marque le corps, un bijou qui adhère à un corps qui y résiste !

Un bijou qui ne se porte pas ou qui est insupportable à porter semble aller à l’encontre du rôle classique du bijou en tant que parure. Pourtant, l’essence symbolique du bijou qui, de l’anneau papale à la bague de fiançailles 24, est une donnée classique de la bijouterie est ici mise en exergue. Ce jeu à la limite des usages et des formes est habilement exécuté par le créateur Stéphane Landureau 25 et son « insupportable collier dialyse  », que l’on ne peut passer au risque de s’ouvrir l’artère carotide.

Dialyse
Stephane Landureau, collier Dialyse, 2002, aiguilles de dialyse, matières plastiques

 

L’ensemble d’aiguilles de dialyse pointées vers le cou du porteur improbable symbolise la souffrance inhérente à cette thérapeutique qu’a subi entre 2000 et 2005 son auteur « dans l’attente d’un vrai bijou : un rein 26 ».

Du bijou sur le corps au corps dans le bijou, il n’y a qu’un pas que franchit habilement Sophie Hanagarth 27 et ses bourses .

Bourses
Sophie Hanagarth, Bourses, 1999, silicone.

Renversant les codes imposés par le corps biologique, elle extériorise ce qui est normalement intérieur. Par l’affichage des parties génitales, dans sa série de Bijoux de famille, ou des excréments qui deviennent des ornements, dans sa série Médailles merdeuses.

Medailles
Sophie Hanagarth, Médailles merdeuses, 2000, broches, fer blanc recyclé, cuir, acier.

Elle résiste aux codes moraux et sociaux qui touchent habituellement le corps. Pour autant, elle parvient à rester au plus près de la texture naturelle de ces éléments, assurant, par exemple, une mollesse originale à ces étrons de fer. La transmutation du métal fait perdre à ses médailles d’excréments leur rapport à la souillure afin de les transcender en outils de divinisation du corps, mais avec le souci de conserver une similitude avec leurs modèles biologiques. Car derrière la résistance aux codes et usages, l’artiste revendique une adhérence avec les contenus premiers du bijou : « Le bijou, on le pense aujourd’hui comme un accessoire de mode mais ce qui me plaît en travaillant le bijou comme je le fais, c’est de rester garante de certains signes comme le faisait l’art brut […] Je trouve intéressant de me sentir garante de cette continuité-là, par rapport au monde où on vit » 28.

Sauvegarder un brin de liberté

Ainsi peut-on apercevoir, dans les interstices de ces jeux de symboles, dans ces créations d’objets et de sens, les nuances de la normativité, les difficultés d’une liberté qui veut s’affirmer sans pour autant être exilée. Dans les plis du corps et des matières, les créatrices et créateurs de bijou contemporain engagent « la constitution de « caisses de résonance » telles que ce qui arrive aux uns fasse penser et agir les autres, mais aussi que ce que réussissent les uns, ce qu’ils apprennent, ce qu’ils font exister, devienne autant de ressources et de possibilités expérimentales pour les autres » 29. Esquissant des espaces de liberté, ces bijoutier(e)s nous incitent tant à mettre en jeu notre je qu’à participer de cette résistance_adhérence. Car si l’existence d’espaces absolument autres, d’hétérotopies dans un monde proprement isotopique, assurent pour tous le maintien de la liberté, il reste à chacun de s’en emparer pour la faire croître. Car, certes, tant que certains lutteront pour faire exister et pour publiciser dans la société des pratiques alternatives et problématisantes (ouvrant la voie à des formes nouvelles de questionnement), alors la liberté, entendue avec Foucault, comme la possibilité de transgression des normes 30, perdurera. Tant que des espaces autres,   des espaces «  absolument différents : des lieux qui s’opposent   à tous les autres, qui sont destinés en quelque sorte à les effacer, à les neutraliser ou à les purifier » 31, des contre-espaces d’utopies localisées, existeront, la liberté sera effective.

Mais reste encore à faire que ces actes de résistance_adhérence, de créations, trouvent une place dans notre société, atteignent le plus grand nombre, puissent participer à la mise en question de la normalisation ; il faut publiciser ces actions. C’est ce que nous tentons ici modestement de faire, conscient qu’il est du rôle du philosophe de s’engager dans le monde qui est le sien pour tenter de voir jusqu’où il est possible de penser autrement 32. Le bijou contemporain est de ces espaces totalement autres, de ces hétérotopies qui n’existent que parce qu’ils résistent aux topographies imposées, ces initiatives créatrices qui ne laissent pas indifférents, qui adhèrent au combat de la vie, qui engluent les normes dans une résistance_adhérence qu’elles font littéralement, performativement, exister. Il est donc l’objet d’une philosophie qui se nourrit de domaines extérieurs 33 pour mieux, elle aussi, résister au présent. Car à bien y regarder, nous ne manquons peut-être pas tant que ça de création, au contraire, elle se fait jour partout, dans les interstices des normes, dans des espaces peu fréquentés, dans ces lieux discrets et anonymes qui maintiennent du rêve et de la liberté dans nos sociétés, mais nous manquons évidemment de résistance_adhérence au présent. Heureusement qu’il existe encore quelques espaces créatifs, critiques et engagés socialement, des espaces qui font une place à la résistance_adhérence et à des articles qui tentent de la valoriser.

Notes

1 Deleuze, G., Guattari, F., 1991, Qu’est-ce que la philosophie ? , Paris, Les éditions de minuit, p. 104.

2 Trésor de la Langue Française Informatisé

3 Cusset, F., 2003, French Theory: Foucault, Derrida, Deleuze, & Cie et les mutations de la vie intellectuelle aux Etats-Unis , Paris, éd. La Découverte.

4 Canguilhem, G., 1943, « Essai sur quelques problèmes concernant le normal et le pathologique (1943) », 1966, « Nouvelles réflexions concernant le normal et le pathologique (1963-1966) », repris dans Le Normal et le pathologique , 1966, PUF, 2005.

5 Bichat, 1800, Recherches physiologiques sur la vie et la mort .

6 Foucault, M., 1981, « Les mailles du pouvoir », Dits et écrits , texte 297, Paris, Quarto Gallimard, 2001, vol. 2, p. 1001-1012 ; Foucault, M., 1982, « The Subject and Power», H. Dreyfus et P. Rabinow, Michel Foucault : Beyond Structuralisme and Hermeneutics , Chicago, 1982, Dits et Ecrits , « Le sujet et le pouvoir », texte 306, trad. F. Durand-Bogaert, t.2, p. 1041-1062 ; Foucault, M., 2004, Naissance de la biopolitique. Cours au Collège de France. 1978-1979 , Paris, Gallimard-Seuil.

7 Entendu comme mode de gouvernement où l’on gouverne moins pour gouverner mieux, le libéralisme politique s’oppose à la théorie de l’Etat-providence.

8 Ehrenberg, A., 1998, La Fatigue d’être soi , Paris, Odile Jacob.

9 Gauchet, M., 1985, Le Désenchantement du monde , Paris, Gallimard.

10 Gauchet, M., 2002, La Démocratie contre elle-même , Paris, Gallimard

11 Bradbury, R., 1953, Farenheit 451 , Denoël, coll. Présence du futur, 1955 trad. Henri Robillot

12 Orwell, G., 1949, 1984 , Gallimard, 1991.

13 Veyne, P., 2009, Foucault, sa pensée, sa personne , Paris, Albin Michel, p. 143.

14 Le Blanc, G., 2002, La Vie humaine. Anthropologie et biologie chez Georges Canguilhem , PUF., p.238.

15 Alandete, C., 2005, « un vrai bijou ? », Un vrai bijou ! Bijoux contemporains en France , Paris, édition les sept péchés capitaux, p. 13-16, ici, p. 15.

16 Etudes et Propositions pour une Orfèvrerie Contemporaine

17 Manoha, M., (dir.), 2004, Corps et objet , Paris, Le Manuscrit ; Klein, A., Manoha, M., 2008,   Objet, Bijou et Corps. In – Corporer , Paris,   L’Harmattan.

18 Klein, A., Manoha, M., 2009 «  Et si se parer devenait un soin ? », Journée d’études,   Le Bijou, ses fonctions et ses usages, de la Préhistoire à nos jours, ENS Ulm, Paris. Conférence; à paraitre, 2010.

19 Fassin, D., Memmi, D., 2004, Le Gouvernement des corps , Paris, Editions de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales,

20 Association pour la Formation Et le Développement des Arts Plastiques

21 Un vrai bijou ! , op. cit. , p . 24, nous soulignons.

22 Sublimes Cicatrices

23 On pense ici aux pratiques d’automutilation et de scarification entendues comme déviantes par la psychiatrie et la psychologie pathologique contemporaine.

24 Seraidari, K., 2004, « Les bijoux entre vie et mort », Manoha, M., (dir.), 2004, Corps et objet , Paris, Le Manuscrit, p. 61-77.

25 Bijoux Landureau

26 Un vrai bijou ! , op. cit. , p. 70.

27 Depuis 2002, Sophie Hanagarth est responsable avec Florence Lehmann de l’atelier bijou de l’école supérieure des arts décoratifs de Strasbourg qui est « un espace d’exploration et de réflexion propre au bijou. Qu’il soit objet de pouvoir ou simplement populaire, plus petit bagage et parcelle de matérialité, le bijou est un art transportable dont le lieu est le corps.

28 Interview de Sophie Hanagarth par Fanny Lasserre et Thierry Vasseur.

29 Stengers, I., 2009, Ces catastrophes qui s’annoncent , Paris, les empêcheurs de penser en rond/ La Découverte, p. 199

30 Foucault, M., 1984a, « l’éthique du souci de soi comme pratique de la liberté » (entretien avec H. Becker, R. Fornet-Betancourt, A. Gomez-Müller, 20 janvier 1984), Concordia. Revista internacional de filosofia , n°6, juillet-décembre 1984, p. 99-116, repris dans Dits et écrits , texte n° 356, Gallimard, quarto, vol. 2, 2001, p. 1527-1548.

31 Foucault, M., 1966, « Les hétérotopies », Conférence radiophonique, 21 décembre 1966, France culture, repris dans Foucault, M., 2009, Le Corps utopique, Les Hétérotopies , nouvelles lignes éditions, 2009, p. 23-36, ici, p. 24.

32 Foucault, M., 1984b, L’Usage des plaisirs. Histoire de la sexualité 2 , Paris, Gallimard, p. 16.

33 Canguilhem, G., 1966, Le Normal et le pathologique , Paris, PUF, 2005, p. 7.

Biographie

Alexandre Klein est philosophe et historien des sciences. Après deux ans d’enseignement en Sciences de l’éducation et auprès de professionnels de santé, il achève actuellement une thèse intitulé « Corps et sujet dans la médecine contemporaine » à l’université Nancy 2 au sein du LHSP Archives H. Poincaré (UMR 7117 CNRS/ Nancy Université). Ses travaux portent essentiellement sur les représentations et usages du corps et leurs relations avec la constitution de l’identité, principalement dans les pratiques de santé. Il prépare actuellement la publication d’un volume collectif sur Les sensations de santé à paraitre en 2010 au P.U. de Nancy.

Il travaille également autour du bijou contemporain, en présidant l’association Le Porte Objet, et a publié, avec Monique Manoha (Le pôle bijou), différents travaux dont Objet, Bijou et Corps. In – Corporer en 2008 chez L’Harmattan.

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18/06/2010

Rencontre mensuelle : le « DIT du Bijou » – dimanche 27 juin à partir de 18H – Paris (11ème)

Classé dans : DIT du Bijou,France (FR),PARIS,Reflexion — bijoucontemporain @ 9:01

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Pour ceux qui n’y auraient encore jamais participé, il s’agit de se donner rendez-vous une fois par mois pour se voir, échanger des informations et discuter d’un sujet particulier.Tous ceux qui s’intéressent de près au bijou sont les bienvenus, praticiens et pratiquants, ainsi que ceux qui s’y intéressent de plus loin: historiens, commissaires, journalistes, chercheurs etc…

Prochain rendez-vous:  le dimanche 27 juin à partir de 18H  (le débat commencera à 19H30)
Autour d’un verre de vin accompagné d’une tartine de terrine

La Table D’Aligre
11 place d’Aligre
Paris 75012
01 43 07 84 88

A part les infos à échanger (compet, foire, expos… ), la discussion proposée pour cette 2nde édition est la suivante :

« De la visibilité : comment sortir de notre insularité »

 

Pour assister à ce rendez-vous, il vous suffit d’appeler le restaurant le dimanche matin au plus tard pour signaler votre présence.PAF 5 euros.

Brune BOYER (06 81 01 91 62) & Benjamin Lignel (06 17 88 73 83)

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After a year off, the confidential, underground parisian and artisan get-together « Dit du Bijou » will kick off again, on a monthly basis : its aim is to exchange updates on the state of jewellery world affairs, and discuss a given theme.
You are extremely welcome if you are directly concerned with jewellery – and just as extremely welcome if you are less directly concerned with it (historians, curators, journalists, and their dentist, baker and astronaut friends will be given an extra helping of red wine to feel comfortable).

The next meeting is

Sunday june 27th, from 18h00 onwards (the themed discussion will start at 19h30)
A glass of wine and a portion of terrine will be exchanged against your completely voluntary contribution of 5 euros

the place:

La Table D’Aligre
11 place d’Aligre
Paris 75012
01 43 07 84 88

Nearest tube: Faidherbe Chaligny.
Nearest Airport: Paris Orly
Nearest contemporary jewellery gallery : Hélène Porèe, rue de l’Odéon

Aside from the info bulletin (please come with an update on what you are up to : we want to know), the discussion that was chosen for this first encounter is the following:

About visibility : How to get out of our insularity ?

If you want to come, please call the restaurant on the Sunday morning at the latest to confirm your presence. They need to kill the scapegoats and stew the rabbits for the terrine, you see.

Brune Boyer / Benjamin Lignel  (Written by Brune/Ben – 19.05.2010)

03/06/2010

‘Repeat after me’ – Benjamin Lignel (FR) – « if an object is good once, it will be good 20 times over »

Classé dans : Benjamin LIGNEL (FR),Carole GUINARD (CH),Reflexion — bijoucontemporain @ 0:42

« “When Picasso died I read in a magazine that he had made four thousand masterpieces in his lifetime and I thought, “Gee, I could do that in a day.” […] You see, the way I do them, with my technique, I really thought I could do four thousand in a day. And they’d all be masterpieces because they’d all be the same painting.” - Andy Warhol (1)

Although contemporary studio jewelry persistently uses fine arts as a model in its quest for legitimacy, and has emulated its modes of distribution through galleries ever since it emerged in the 1960s as an independent genre, it continues to entertain an uneasy relationship to serial reproduction. While artists like Joseph Beuys and Andy Warhol were happily blowing up the conventional dogma that set apart unique pieces from repeat production, contemporary jewelry artists only gingerly engaged in editions. Jewelers maintain that serial work and mechanical reproduction are antithetical to craft heritage, and that forgoing traditional techniques and uniqueness in favor of more disposable, machine-made products threatens the profession’s raison d’être, the specificity of its “voice.” For the most part, galleries agree, on the principle that if all else fails, (2) making handcrafted one-offs will guarantee an artist recognition from a buying public that is ever ready to equate “original” with “artistic.” My naïve assumption that, if an object is good once, it will be good 20 times over, is what fuels this essay. My more seasoned conviction, that contemporary jewelry needs the visibility that editions would provide, also plays a part.
I.
“The Work of Art in the Age of Mechanical Reproduction,” a seminal essay written by philosopher Walter Benjamin in 1936, addresses the emergence of film and photography as mass media in the 1920s, and charts in a few luminous paragraphs the challenge that these new media pose to the practice and reception of art in general. The reproduced work of art, he argued, devalues the unique presence of the original and “detaches the reproduced object from the domain of tradition.” (3) Whatever social relevance the original object may have had—“its unique existence at the place where it happens to be”—is “liquidated” by reproductions: as soon as one privileges accessibility and diffusion over the authority of the unique, and copies become independent from the cultural heritage that gave their model currency in the first place.
Of handcrafted objects, it is similarly said that uniqueness fosters contemplation, underlines the object’s singularity (both as a creative product, and as emotional/ritual agent), and validates the romantic notion that a “true” work of art must be made by the artist. In modern society, craft objects are credited with making a valiant last stand against mediocrity in a culture awash with self-similar factory gizmos. 
II.
Cautionary though he is, Benjamin is keen to acknowledge that, “…in permitting the reproduction to meet the beholder or listener in his own particular situation, it reactivates the object reproduced.”(4) The twin notions of proximity and reactivation are fundamental to my argument: they suppose a willingness to meet end users on their territory, and to hand over some of the authority divested from the “original” object.
I suggest, then, that portraying serial work as the anorexic imitation of an original it fails to approximate, completely misses the point. One must design for reproduction. When one approaches reproduction as its own media, exciting precisely because it belongs to, and reflects upon, industrial culture, the negative relationship that binds original and serial copy ceases to exist. As French curator Sylvie Boulanger argued in her recent essay “Publish or Be Damned,” of ephemera designed and given away by artists: “Publishing is not simply using a machine, but engaging with the economy of that machine. Whatever the technique (Xerox, digital, offset…) the media work is immersed in the economy of the production and distribution of that technology.” (5)
III.
Indeed, a few contemporary jewelers have embraced industrial fabrication as a mode of “proliferation,” while others play with the codes of industrial production to question the way we assign value to objects, and make manifest the contradicting agendas of high and low art.
Swiss artist Carole Guinard’s bijou triple exemplifies the “object-as-event” approach. Designed in 1987, bijou triple was conceived as a companion piece to the first Parisian jewelry biennial. A square piece of die-cut polyethylene with detachable, D.I.Y., component parts, it was distributed as an insert to the catalogue. Its purpose, I would argue, was to ‘celebrate the event of its distribution’ (6) with a form both determined by the context of its release and transformed by its consumption. On the one hand, it flaunts the constraints of its mode of distribution (the material and fabrication process are suitably cheap), on the other, it is very much about adornment: a playful take on status-jewelry (specifically, the parure, or set of matched jewels, once popular in
aristocratic circles), the design required hands-on participation from the user that few unique pieces allow. The result is a type of jewelry “flyer”: a quasi-object gambling on its capacity to outlive the moment of its initial encounter with the wearer.
Felix Lindner, from Germany, likes to work with cultural icons, tourists’ trinkets, and toys. While his contemporaries generally avoid references to the vernacular, lest their work be mistaken for high street or “commercial” jewelry, he seems to enjoy the ambiguity and the questions raised by the crossover. Lindner revels, as Warhol did, in culling his material from pedestrian sources—miniature Eiffel towers, toy race cars, or Lego parts—and he does so with irony: his Numero Uno ring, a lost-wax casting produced in an unlimited edition, and described as a signet ring, was “awarded” at Lindner’s degree show to visitors who took the time to look through his portfolio. In effect, Lindner turned the tables on his judges, and neutralized the competition by giving everyone a “first,” while also creating a self- deprecating statement of individuality: seductive because it pokes fun at the consumer’s appetite for unique, distinctive products, which paradoxically require mass exposure to become valid social markers. 
IV.
Guinard and Lindner, along with a few others like Ted Noten, Hans Stofer, or Svenja John, understand the relevance of mechanical (re)production as a means to greater diffusion, and as an extension of their creative palette. However, industrial solutions are not within easy reach of most artists. The cost of tooling, and of producing stock in a notoriously small market, can be daunting. Unless editions are commissioned, and their production financed (like Guinard’s piece), that maker may come to regret the time and money spent producing an inventory they find hard to shift.
Indeed, successful edition projects, like design projects, involve a partnership between a maker and a patron or investor. The German artist Svenja John uses Makrolon components in her jewelry: originally hand sawn, some are now cut using water jet technology to speed up the first stage of what is otherwise a very hands-on process. While her modular designs were initially viewed with suspicion by the gallery establishment, the polycarbonate manufacturer welcomed her innovative use of his material and offered her a sponsorship he felt was beneficial to both.
In fact, such a partnership focuses less on material value and traditional craft and more on communication and creativity. The Chi ha Paura? foundation, created by Dutch designer Gijs Bakker and Italian gallery owner Marijke Vallanzasca to produce and promote editions of artist jewelry, write of their “Sense of Wonder” collection: “With this project we want to emphasize new technology’s expressive potential […] Whatever the perspective chosen by the designers, the piece of jewelry must be designed as a means of communication. We want to bring about wonder, surprise or amazement in a field, the jewelry field, which is still very classical and traditional.”
For this collection, Frank Tjepkama & Janneke Hooymans submitted BlingBling (2002), a gold-plated pendant in the shape suggestive of a cross, that addresses themes like brand worship, status symbolism, rappers’ bling, and the golden calf, using a jumble of photo-etched logos to capture the cacophony of consumer brand advertisements, vying against one another for a piece of our soul. But most
pertinently, their eloquent use of modern technology engages with contemporary culture and injects a traditional shape with a street savvy that a more craft-based approach may have missed.
More accessible manufacturing processes are gaining ground in colleges worldwide: CAD technology, rapid prototyping, stereo lithography, photo-etching, and electroforming. They are certainly opening new avenues of research for jewelry designers, but it is still unclear whether they will encourage a more open attitude to editioning.
Ultimately, the debate around reproduction is less about processes than territory: will contemporary jewelry lose its specificity by relinquishing craft? In their struggle to find recognition, contemporary jewelers seem to have made two assumptions: First, that contemporary jewelry should speak the language of craft; secondly, that its bid for artistic credibility is incompatible with “non-artistic” modes of production and distribution. Both assumptions set useless limits, and are equally useless as road maps: one is reductive, the other, reactionary. While craft is very much about process, I would argue that contemporary jewelry need not always be. Editions interact with a production world that is alien to craft, and allow us to tackle issues that may not be within the reach of “precious,” anvil-hewn, gallery-bound objects.
In the words of critic Love Jönsson: “The pure, self-referential objects that are elevated above everyday reality, no longer form the natural end goal for the practitioners in either arts or crafts. Today’s crafts are marked by their oscillation between a claim to aesthetic autonomy on the one hand, and an increasingly more complex linkage to the contemporary cultural and commercial system on the other.” (7)
Will mass-produced contemporary jewelry achieve museum-grade credibility? Recent efforts by some makers to adopt gallery codes of conduct insure that it will. But unless jewelry artists concurrently expand their modes of production and reach out to the greater public with affordable work, that enriches their lives with disposable wonders, those museum captions might one day read like epitaphs to an art movement with no circulation. « (Benjamin Lignel)

Bethel, Metalsmith Magazine, 2008
(This article first appeared in Metalsmith, Summer 2008. Metalsmith is published by the Society of North American Goldsmiths (SNAG), the premier association of jewelers, designers and metalsmiths, 
www.snagmetalsmith.org)

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Carole Guinard - piece ‘Bijou triple’ 1987 – sheet of pre-cut polyethylene 

 

(1)
Andy Warhol, The Philosophy of Andy Warhol (from A to B and Back Again (New York: Harcourt Brace Jovanovich, 1975), p.148.
(2)
“All else” being the intensely varied repertoire of contemporary jewelers, and their concerted efforts to re-invent jewelry “as they go along.”
(3)
This, and the following excerpts are from Walter Benjamin, « The Work of Art in the Age of Mechanical Reproduction. » Transcribed by Andy Blunden for the UCLA School of Theater, Film and Television, in 1998. Original text written in 1936.
(4)
His essay points out how photography and film redefined our experience of art by both being readily accessible and “putting the public in the position of the critic.” This foreshadows later artistic forays into participative strategies: moving on from his role as critic, one witnesses the ‘powerful rise of the viewer as co-producer of knowledge’ (Yann Moulier-Boutang, as quoted by Sylvie Boulanger, « Publish or be Damned, » http://www.cneai.com/text-boulanger-publishUK.html, 2005.) An example of this within jewelry is Ted Noten’s ‘Chew your own Brooch’ project (1998).
(5)
Sylvie Boulanger, op. cit.
(6)
The expression is found in Sylvie Boulanger’s essay. « Publish or be Damned, » where she refers to ephemera, i.e. free give-aways designed (and generally produced and distributed) by fine artists.
(7)
Love Jönsson, “Life among Things, The Continuous present,” in Craft in Dialogue: Six Views on a Practice in Change, ed. (Stockholm: IASPIS, 2005), p.84

25/05/2010

Pas « Le dit du Genji », mais bien mieux : le « Dit du Bijou » ! – rencontre – Paris – 30 mai 2010

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Pour ceux qui n’y auraient encore jamais participé, il s’agit de se donner rendez-vous une fois par mois pour se voir, échanger des informations et discuter d’un sujet particulier.Tous ceux qui s’intéressent de près au bijou sont les bienvenus, praticiens et pratiquants, ainsi que ceux qui s’y intéressent de plus loin: historiens, commissaires, journalistes, chercheurs etc…

Prochain rendez-vous:  le dimanche 30 mai à partir de 18H  (le débat commencera à 19H30)
Autour d’un verre de vin accompagné d’une tartine de terrine

La Table D’Aligre
11 place d’Aligre
Paris 75012
01 43 07 84 88

 

A part les infos à échanger (compet, foire, expos… ), la discussion proposée pour cette première édition est la suivante : Le temps et la technique définissent-ils notre pratique?

Pour assister à ce rendez-vous, il vous suffit d’appeler le restaurant le dimanche matin au plus tard pour signaler votre présence.PAF 5 euros.

Brune BOYER (06 81 01 91 62) & Benjamin Lignel (06 17 88 73 83)

http://www.internet-marketing-strategies-and-secrets.com/wp-content/uploads/2008/11/blah-blah-blah.gif

After a year off, the confidential, underground parisian and artisan get-together « Dit du Bijou » will kick off again, on a monthly basis : its aim is to exchange updates on the state of jewellery world affairs, and discuss a given theme.
You are extremely welcome if you are directly concerned with jewellery – and just as extremely welcome if you are less directly concerned with it (historians, curators, journalists, and their dentist, baker and astronaut friends will be given an extra helping of red wine to feel comfortable).

The next meeting is

Sunday May 30th, from 18h00 onwards (the themed discussion will start at 19h30)
A glass of wine and a portion of terrine will be exchanged against your completely voluntary contribution of 5 euros

the place:

La Table D’Aligre
11 place d’Aligre
Paris 75012
01 43 07 84 88

Nearest tube: Faidherbe Chaligny.
Nearest Airport: Paris Orly
Nearest contemporary jewellery gallery : Hélène Porèe, rue de l’Odéon

Aside from the info bulletin (please come with an update on what you are up to : we want to know), the discussion that was chosen for this first encounter is the following:

Do time and technique define our practice?

If you want to come, please call the restaurant on the Sunday morning at the latest to confirm your presence. They need to kill the scapegoats and stew the rabbits for the terrine, you see.

Brune Boyer / Benjamin Lignel  (Written by Brune/Ben – 19.05.2010)

08/05/2010

Cogito ergo sum ………..

Classé dans : BOOKS / BIBLIO,Monique MANOHA (FR),Reflexion — bijoucontemporain @ 1:03

Le bijou est ici interrogé dans une perspective pluridisciplinaire. Loin d’être un seul objet usuel, le bijou pose nécessairement la question du corps en tant qu’il l’orne, le protège, voire le révèle, soulignant des éléments de sa mémoire, de son appartenance. Il est aussi un objet matériel répondant à des préoccupations techniques, esthétiques, influencé par des courants, des modes, des traditions, une histoire, des producteurs industriels, artisans ou artistes.
Cogito ergo sum ........... dans BOOKS / BIBLIO 9782296070295r

BOOK : « OBJET, BIJOU ET CORPS – In-corporer » Sous la direction de Monique Manoha et Alexandre Klein – Edns L’Harmattan – 2008- 280pp

version numérique (pdf image-texte) (22,50€): Commander la version numérique (-10%) 8 852 Ko

livre qui recueille des textes issus de communications qui ont eu lieu en 2005 lors de la dernière édition de la Biennale du bijou contemporain de Nîmes 


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